Home d'enfants "La Soleillette"

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Présentation

Située dans un quartier résidentiel, cette maison conçue comme un "Home d'enfants", accueillait en vacances un jeune public venant prendre l'air et le soleil de la montagne ; elle témoigne de l'histoire du "climatisme" sur le plateau du Vercors.

Située au hameau des Pierres, non loin de la villa la Source, la Soleillette est saluée lors de sa création comme la réalisation parfaite du Home d'enfants. Conçue dès l'origine pour cette affectation, elle se fait connaître dans les années trente sous le nom des Lutins, avant d'être rebaptisée la Soleillette pendant la Seconde Guerre mondiale. La maison offre un plan rectangulaire qu'anime côté ouest un bow-window, deux niveaux de balcons en façade sud et deux étages de galerie de cure côté est. Ce jeu de projections multiples de l'espace habitable vers l'extérieur a pour effet de briser l'effet statique de la construction. Des résineux encadrent à l'est et à l'ouest le bâtiment qui offre sa façade principale au plein midi. Les deux étages de galerie de cure, à l'est, prennent assise sur un soubassement traité en pierres apparentes. Les galeries sont protégées au nord par un mur plein percé d'une fenêtre fixe. L'avant-corps qui soutient la retombée du pignon est donne une impression de grande légèreté, accentuée par les garde-corps métalliques, également présents dans l'angle sud-est. Ces galeries sont destinées aux cures de soleil préconisées dans le traitement des enfants fragiles. Cet élément d'architecture, inédit sur le plateau de Villard-de-Lans avant l'apparition du phénomène des maisons d'enfants, prend tout son sens lorsqu'on découvre, comme c'est le cas pour ce bâtiment, une photographie nous révélant son utilisation. Une carte postale ancienne, datée des années cinquante ou soixante, où l'on découvre des enfants allongés, en plein hiver, sur des lits de camp installés tout le long de la galerie. Ce document, qu'on peut rapprocher des photographies plus anciennes des galeries de cure des pensions d'enfants des années vingt à Megève, est un témoignage unique et exceptionnel pour la connaissance de l'histoire du climatisme sur le plateau de Villard-de-Lans. L'intérieur du bâtiment a subi de nombreuses transformations mais la salle de jeux du rez-de-chaussée, ainsi que certains autres espaces, ont conservé leur carrelage de grès cérame. Le hall d'entrée, auquel on accède depuis l'entrée nord du bâtiment, s'ouvre sur un couloir qui donne accès aux différentes pièces de la maison : salon au sud et escaliers permettant d'accéder aux étages qui disposent tous d'un système de vide linge. Un ancien pèse personne y est aujourd'hui conservé et témoigne des séances de pesée auxquels on soumettait régulièrement les enfants. Aux étages, l'espace sanitaire est tout naturellement positionné dans la partie nord du bâtiment, tandis que les petits dortoirs s'ouvrent côté sud. Entre chacun des dortoirs vient s'intercaler une chambre pour deux personnes, destinée aux infirmières ou monitrices, qui peuvent à tout moment surveiller les enfants par l'intermédiaire d'un judas rectangulaire, appelé guichet de surveillance, percé des deux côtés de la chambre. Au début des années cinquante de nouveaux équipements voient le jour : une maison d'habitation en contre-bas au sud permet de libérer à l'intérieur de la villa le maximum d'espace pour l'accueil d'enfants qu'on espère plus nombreux, un bâtiment annexe qui prolonge, au niveau du rez-de-chaussée seulement, la maison d'une aile au sud. Il s'agit d'un service sanitaire d'infirmerie dont la maison était jusqu'ici dépourvue ; de part et d'autre d'un box d'infirmière percé de guichets de surveillance, se trouve l'infirmerie proprement dite et une chambre d'isolement, viennent ensuite un espace de dégagement et le cabinet médical. Grâce à ce nouvel équipement technique, la Soleillette obtient à la fin des années cinquante son agrément en qualité de maisons d'enfants à caractère sanitaire. Elle recevra, de façon permanente, 24 enfants âgés de 6 à 12 ans. L'édifice a obtenu le label "Patrimoine en Isère", récompensant la qualité patrimoniale d'un édifice d'intérêt départemental.

Précisions sur le tarif